Soliran
Sadegh Larijani a déclaré : « Je demande à tous les fonctionnaires du pouvoir judiciaire dans les provinces d’enquêter sur ces cas à la vitesse maximale parce que quand ils sont étudiés sur un long terme, cela diminue l’aspect de prévention qu’ont ces peines auprès du public ».
Questionné sur le coût de la mise en place de telles mesures, Sadegh Larijani a conseillé et déclaré « Dans des cas particuliers et les crimes importants qui ont des aspects nationaux et régionaux, les juges et les administrateurs judiciaires doivent faire attention à l’effet public de leurs décrets, de sorte que tous leurs documents publiés ne doivent en rien gêner l’action du pouvoir judiciaire ». [1]
L’ayatollah Sadegh Larijani est l’un des cadres supérieurs de la haute autorité judiciaire iranienne. C’est l’un des trois frères de ce clan d’ultras conservateurs qui comprend Ali, Mohammad Javad et Sadegh Larijani ; ils sont considérés comme la garde rapprochée personnelle du guide suprême Ali Khamenei et comme les frères ennemis d’Ahmadinejad avec qui ils entretiennent des relations houleuses et conflictuelles, qui ont pour résultats de véritables guerres de palais et d’intrigues avec celui ci.
Les intentions de Sadegh Larijani sont on ne peut plus claires : il s’agit bien sûr de mettre de nouvelles procédures d’exception de grande ampleur afin de terroriser la population, et d’essayer ainsi de décourager toute contestation populaire face à une colère sociale qui couve en Iran depuis l’annonce de mesures économiques ultra-libérales mises en place par Ahmadinejad et ses conseillers économiques. Ces annonces se sont déjà traduites par plusieurs conflits sociaux de grande ampleur, comme la grève des ouvriers de l’usine de pneus Barez où 3500 ouvriers ont débrayé et arrêté l’usine pendant plusieurs jours. [2]
Colère sociale qui risque bien d’exploser à nouveau, depuis les nouveaux décrets, annonçant la réduction drastique des subventions et des produits subventionnés (produits alimentaires de base, eau, électricité et carburant), lancés depuis le mois dernier.
Cela recoupe les informations publiées cette semaine sur le site Iran Labor Report qui montre bien la peur du régime face à la montée de la colère sociale en Iran. [3]
Ces informations nous indiquent que le gouvernement d’Ahmadinejad serait en train de prendre des mesures de sécurité drastiques contre les « sabotages économiques ». Celui-ci parle de mettre en place dix mille nouveaux inspecteurs qui sont en cours de déploiement, inspecteurs qui seraient mis en place pour surveiller les commerçants qui seraient tentés de spéculer sur des pénuries qui arriveraient à cause de cette nouvelle politique ultra-libérale de son gouvernement.
L’article parle aussi du fait qu’Ahmadinejad a pris comme conseiller Jamshid Pajouyan, un économiste de tendance néolibérale, très influencé par les politiques ultra-libérales capitalistes occidentales et les plans d’austérité sociale appliqués par exemple pour des pays d’Europe comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, ou l’Irlande.
Pour faire face à ces protestation sociale on assiste à un nouveau redéploiement massif des forces répressives dans le pays du ministère du renseignement dont dépend la police politique de la Vevak.
Ce ministère de l’Agence du Renseignement a ainsi créé depuis quelques mois des nouvelles brigades d’agents en civil et recruté des milliers d’informateurs, dont une « brigade taxi » se faisant passer pour des chauffeurs de taxi ordinaires, chargée de mesurer l’humeur du public et paraîtrait-il de faire des rapports rendant compte quotidiennement des nouvelles colères sociales qui couvent dans le pays depuis l’annonce de ces « réformes » économiques ultra-libérales qui précarisent une fois de plus le peuple Iranien.


