DegroupNewsStuxnet, la première arme de destruction massive informatique continuerait son travail de destruction des installations nucléaires iraniennes. Selon The Institute for Science and International Security (ISIS), le virus aurait détruit 1 000 centrifugeuses de l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz et aurait retardé le programme nucléaire iranien de deux ans.
La guerre moderne ne se fera pas à coups d'armes nucléaires, de drones ou d'avions furtifs mais à coup de bactéries virtuelles. Bien que les autorités iraniennes aient déclaré que Stuxnet, le virus informatique qui s'en est pris à leur programme nucléaire, avait été éradiqué, l'ISIS, The Institute for Science and International Security, une organisation à but non lucratif chargée d'informer le public sur la science et les questions politiques qui touchent à la sécurité internationale prétend que le ver informatique aurait détruit près de 1 000 centrifugeuses de type IR-1 sur les 10 000 que compte l'usine d'enrichissement en combustible de Natanz. De plus, son éradication est beaucoup plus complexe que prévu et il continuerait ses ravages.
David Albright, le fondateur de l'ISIS aurait découvert dans le code de Stuxnet que celui-ci était chargé d'augmenter la vitesse des centrifugeuses IR-1. Ainsi, en faisant passer la vitesse de 1 007 cycles par seconde à 1064 les vibrations entraineraient une avarie du moteur. Par ailleurs, il semblerait que Stuxnet ait été doté d'une autre caractéristique : la discrétion. Ce programme aurait été développé pour causer peu de dégâts afin de ne pas être repéré par les ingénieurs iraniens.
De plus, selon l'expert allemand, Ralph German, un des premiers à avoir étudié les 15 000 lignes qui composent le code de Stuxnet, il est possible que les destructions causées par le ver aient retardé le programme nucléaire iranien de deux ans. Pour lui, cette attaque qu'il estime aussi efficace qu'une frappe militaire ne peut avoir été causée par des hackers ou un seul pays. Des spéculations pointent du doigt l'unité 8200 de l'Amman, un service israélien spécialisé dans la cyber-guerre et les Etats-Unis.
Le mois dernier, l'AIEA, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique et l'ONU ont confirmé que l'Iran avait suspendu ses travaux d'enrichissement en raison du virus.
Le problème avec ce virus est qu'il est très difficile à éradiquer et qu'il faudrait détruire tous les ordinateurs mais aussi tous les périphériques telles les clés USB, susceptibles d'être infectés : un véritable casse-tête. « Il est très difficile de nettoyer les installations de Stuxnet et nous savons que l'Iran n'est pas expert en sécurité des systèmes d'information, ils commencent à peine à connaître ce domaine. [...]Simplement pour faire tourner à nouveau leurs installations ils doivent se débarrasser de Stuxnet et cela leur prendra du temps. Ils ont besoin de remplacer leur équipement et de reconstruire les centrifugeuses de Natanz et probablement de racheter une turbine pour la centrale de Bushehr. »
Les résultats de Stuxnet sont bien au-dessus des effets escomptés, Il semblerait que le virus ait atteint bien plus de cibles qu'initialement prévu et ce grâce à son architecture et au fait qu'il se soit caché dans des périphériques de stockage amovibles (disques durs, clés USB).
Ce virus vient d'ouvrir la voie à une nouvelle forme de guerre dont nos sociétés informatisées seraient les premières cibles de choix. Désormais, rien n'interdit à des pays hostiles d'utiliser cette arme voire, un Stuxnet amélioré.


