AFP
L’Union européenne a accru la pression mardi sur les autorités iraniennes pour qu’elles respectent le droit de manifester et lèvent les restrictions à l’opposition. Cette première manifestation antigouvernementale en Iran organisée depuis un an par l’opposition réformatrice montre que la population a la même soif de démocratie qu’en Egypte et en Tunisie, a estimé mardi le président du Parlement européen.
"La population iranienne veut la même liberté que celle pour laquelle les citoyens tunisiens et égyptiens ont lutté", a déclaré le Polonais Jerzy Buzek dans un communiqué.
La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, suit de près les événements en Iran, "en particulier les restrictions apparentes à la liberté de mouvement de certains membres de l’opposition et les manifestations qui ont lieu dans les rues", souligne un communiqué de sa porte-parole. "Elle appelle les autorités iraniennes à respecter pleinement et à protéger les droits de leurs citoyens, y compris la liberté d’expression et le droit de se rassembler pacifiquement", ajoute le texte. Mme Ashton exhorte également "les autorités iraniennes à s’abstenir de l’usage de la force contre des manifestants pacifiques".
"Contrairement à ce que prétend le régime iranien, l’Egypte et la Tunisie ne veulent pas suivre l’exemple de la révolution islamique de 1979", a-t-il ajouté, jugeant que "l’esprit" des manifestations de 2009 en Iran à la suite de l’élection présidentielle "frauduleuse" est toujours présent dans le pays.
Des milliers de personnes ont tenté de manifester lundi après-midi dans le centre de Téhéran à l'appel des chefs de l'opposition, l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi et l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi.
Les parlementaires iranien attaque l'opposition
Le président du Parlement iranien Ali Larijani et les députés de la majorité conservatrice ont lancé mardi matin de violentes attaques contre les chefs de l’opposition au lendemain de manifestations.
Les députés ont crié "mort à l'Amérique", "mort à Israël , mais aussi "mort à Moussavi, Karoubi et Khatami" lors de la session parlementaire. "Moussavi et Karoubi doivent être pendus", ont crié les députés lors de la session.
"Ces messieurs (Moussavi et Karoubi) qui ont publié cette déclaration sont tombés dans le piège des Etats-Unis (...) Le Parlement condamne cette action américano-sioniste anti-révolutionnaire et antinationale des séditieux", a déclaré M. Larijani en référence à l’appel à manifester de l’opposition.
"Ne devaient-ils pas se repentir après avoir vu que les Etats-Unis, le régime sioniste, les monafeghine (hypocrites, terme utilisé pour désigner les Moudjahidine du peuple) et les monarchistes soutenaient leur action?", a-t-il demandé. "Le Parlement va créer un comité pour examiner ce mouvement contre-révolutionnaire pour savoir comment il faut agir contre lui", a-t-il ajouté.
Les deux hommes sont depuis plusieurs jours placés de facto en résidence surveillée. Leur téléphone a été coupé.
Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, a demandé que les deux responsables soient libres de leurs mouvements et exhorté les autorités iraniennes à ne pas recourir à la violence contre les manifestants.


